• Carnaval de Dunkerque

    La saison des carnavals bat son plein.


    Pendant que les brésiliens défilent pendant 5 jours sur le sambodrome à Rio, en France aussi, des parades géantes et colorées s'organisent à Nice depuis le 17 février et défileront jour et nuit jusqu'au 4 mars.

    Carnaval de DunkerqueEt à l'autre bout de la France, pour le carnaval de Dunkerque, les bandes s'organisent et se succèdent car ce carnaval dure près de trois mois.

    La légende dit que l'origine de ce carnaval remonte au début du XVIIe siècle, époque où la ville appartenait encore à la Flandre car Louis XIV n'en fera l'acquisition qu'en 1662. Les pêcheurs dunkerquois partaient vers l'Islande pour des expéditions longues de  six mois et souvent risquées: beaucoup n'en reviennent jamais, laissant veuves et orphelins.

    C'est à cause des ces risques et de ces dangers, que les armateurs avaient coutume de payer aux pêcheurs une partie de leur solde avant le départ afin que les familles aient de l'argent d'avance.

    Les marins profitaient aussi d'une fête, que l'armateur finançait en partie.

    Pendant la durée de la fête (cette année, le premier bal a eu lieu le 7 janvier et le dernier se tiendra le 7 avril) les habitants des différentes villes de l'agglomération dunkerquoise, organisés en "bandes" défilent à tour de rôle, les dimanches après-midis, dans les rues de la ville. Le tout s'achève par le rigodon final sur la place.

     

    Il n'est pas indispensable d'habiter l'agglomération de Dunkerque pour participer, il suffit d'être invité. A Dunkerque, il y a très peu de spectateurs du carnaval, tout le monde est "acteur",  se déguise, défile et prend part au rigodon qui, clou du spectacle, est une véritable épreuve physique.

    Ci dessous, vue de la foule sur la place de la mairie: il est de coutume que le maire et des notables jettent du balcon, des milliers de kgs de harengs qui sont dégustés sur place.

    Carnaval de Dunkerque

    Carnaval de Dunkerque

    Pourquoi est-il indispensable d'être invité? parce que l'après-midi se passe en arrêts divers et nombreux dans les "chapelles". Ces chapelles ne sont pas les bistrots de la ville, mais les demeures de dunkerquois qui font "table ouverte" et accueillent chez eux les carnavaleux. Autant dire qu'ils n'ouvrent pas leur porte à n'importe qui et qu'il faut montrer patte blanche... par contre, les amis de leurs amis sont les bienvenus et accueillis à bras ouverts comme s'ils faisaient partie de la famille. Nourriture et boissons vous sont offerts de bon coeur, sans restriction ni modération.

    J'ai eu la chance de participer une année (déguisée en indienne) avec des amis de la "bande " de Malo-les Bains, et j'en garde un excellent souvenir.

    C'est une fête bon enfant: afin que cela ne dégénère pas et que l'esprit du carnaval ne soit terni par aucun incident, les carnavaleux sont tenus de respecter

    La Charte

    A carnaval, on est là pour s’amuser,
    Au carna, on vient pas pour casser,
    À Dunkerque, on a envie de faire la fête,
    Nous n’avons qu’une seule idée en tête,
    Conjuguer passion et tradition
    Avec respect et société.

    Tous les carnavaleux naissent libres et égaux,
    Mais doivent attendre d’être grands pour aller devant,
    La chapelle est un lieu sacré,
    Qui doit être respecté.
    Apprends les chansons
    et chante en chœur.
    Marche quand les fifres jouent
    Au lieu de pousser comme un fou.

    Et quand les cuivres et les tambours résonneront
    Tous ensemble nous chahuterons,
    Le carnaval : dans les chahuts, devant la musique,
    derrière la bande
    Sur les côtés, dans les cafés,
    mais jamais entre la première ligne et les
    musiciens en cirés, batche rayée.

    Quoi qu’on dise, carnaval a ses règles,
    Il faut les respecter,
    Si tu veux que carnaval se passe bien,
    Prends-toi en main, gamin !

    Pendant ces journées, tout le monde se côtoie sans aucune distinction d'âge, de métier ni de classe sociale. Certains qui font partie de la même bande ne se fréquentent pas forcément dans la vie, mais la bande est une équipe qui est solidaire pour le carnaval.

    Le déguisementsou "clet'che" est excentrique comme il se doit. Certains accessoires sont des "must", comme

    le chapeau à fleurs:

    Carnaval de Dunkerque

    les berguenaeres (parapluies), remplacés quelquefois par des plumeaux:

    Carnaval de Dunkerque

    La tenue la plus caractéristique pour les hommes est de déguiser en femme puisque, à l'origine, c'est ce qu'il y avait de plus simple pour les marins qui se servaient des robes de leurs épouses.

    A Dunkerque, on ne rivalise donc pas d'élégance, il n'y a pas d'escalade dans la dépense pour avoir le plus beau costume, au contraire, il est de tradaition de conserver le même afin de se reconnaître plus aisément d'une année sur l'autre.

    À Dunkerque on se grime, on se maquille le visage: les masques ne sont guère prisés car il faut pourvoir s'embrasser facilement lorsqu'on rencontre ses amis et boire sans être encombré par cet accessoire.

    Autre pièce du dégusement, parmi les PLUS IMPORTANTES, les chaussures: elles doivent être confortables puisqu'il faut déambuler tout l'après-midi, mais surtout RENFORCÉES, car il est inévitable d'avoir les pieds écrasés, les orteils piétinées à tout instant.

    C'est un accessoire avec lequel mes amis m'avaient dit de ne pas plaisanter et qui m'a en effet épargné des souffrances:

    Carnaval de Dunkerque

     

    Wikipedia décrit parfaitement l'organisation de la "bande":

      • La base de la bande c'est la « ligne ». Lorsque la bande défile dans les rues, cela correspond à un alignement de carnavaleux qui occupe grosso-modo la largeur de la chaussée. Lorsque la bande est au rigodon ou lors d'un bal, la ligne correspond au rayon entre le kiosque (ou l'élément central) et les obstacles extérieurs (arbres, scène...). Pour la réussite des chahuts et la sécurité de chacun, les lignes doivent être entières, c'est-à-dire qu'elles doivent s'étendre sur toute la largeur et les carnavaleux qui la composent, doivent se tenir « encoudés» même si on ne connait pas son voisin de gauche ou de droite.
      • On distingue les « premières lignes » qui ont pour objectif de retenir la bande alors que les autres « lignes » ont pour objectif de pousser. Les « premières lignes » ne sont généralement pas accessibles aux novices en raison de leur importance capitale (si elles s'écroulent pendant un chahut, les autres lignes s'effondrent également).
      • Lorsque les fifres jouent, la bande avance tranquillement, il ne faut pas pousser les personnes devant soi. Lorsqu'un chahut se termine, les fifres reprennent directement, cependant en raison de la « décompression », il est probable que les « lignes » reculent, il faut alors également reculer si nécessaire et ainsi ne pas entraver le mouvement global, puis repartir vers l'avant.
      • Lorsque les fifres s'arrêtent et que le reste de la musique se met à jouer, il y a un chahut. Cependant, on pousse en « ligne », c'est-à-dire avec le torse (en étant toujours accroché avec son camarade de gauche et celui de droite) et non en poussant avec les mains dans le dos du carnavaleux de devant.
      • La seule zone où les carnavaleux ne doivent pas se trouver, c'est entre les musiciens et la « première ligne ».
      • On ne sort pas de la bande en plein chahut, c'est totalement impossible, il faut attendre la fin d'un chahut et crier « sortie », puis sortir du côté le plus court lors d'une bande, et du côté extérieur lors d'un rigodon/bal. Lorsqu'une personne crie « sortie » devant un carnavaleux, il convient de la laisser sortir en retenant les carnavaleux qui poussent derrière soi. Si une personne crie « sortie » sur l'un des côtés, le carnavaleux libère son bras dès que possible et une fois la personne partie s'accroche à un autre carnavaleux de la même ligne.
      • Si un carnavaleux tombe dans la bande, il ne doit pas tenter de s'accrocher au carnavaleux devant lui (il risque au mieux de l'entrainer dans sa chute). Lorsqu'une ou plusieurs personnes tombent, les carnavaleux autour d'eux crient « chute », tous ceux autour des personnes tombées retiennent alors les lignes devant ou derrière elles pour éviter que d'autres tombent. Les carnavaleux les plus proches doivent relever les personnes tombées le plus rapidement possible. Le risque de chute est diminué si les carnavaleux sont bien accrochés.
      • Le port de chaussure de sécurité est conseillé, en raison de la proximité des jambes lors des chahuts, il arrive très fréquemment de se faire marcher sur les pieds. Par contre, il faut éviter au maximum de donner des coups dans les jambes.

     

    Quand je vous disais que c'était du sport... vous me croyez, maintenant? autant dire que lorsqu'on est une

    femme, on a tout intérêt à être bien encadrée et soutenue par des gaillards amis.

    Carnaval de Dunkerque

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