• Rêve éveillé

    lac_008.jpgElle a le souvenir d'un jour passé au bord d'un lac.
    La clarté de l'aube se posait sur le paysage avec la légèreté d'un flocon de neige.
    Tout était immobile, suspendu au silence. 
    Les ailes des nuages s'élevèrent dans l'air diaphane du matin rose; un matin frais et limpide comme une source d'où finit par jaillir une cascade de soleil.




    rose.jpgElle se laissa envelopper par cette chaleur grandissante comme par un vêtement douillet et confortable. Et elle ne fit rien d'autre tout ce jour, assise au bord de l'eau sur le vieux tronc penché, que s'évader dans ses rêves, contemplant le fond du lac à travers ses eaux claires.
    Paisible était le silence pesant sur la nature. Il faisait beau, elle était bien, elle se plaisait ainsi à imaginer sa solitude comme une vieille nourrice fidèle et attentive assise à ses côtés.
    Rien ne bougeait, pas même son coeur, pas même le temps puisqu'elle ne le vit pas passer.

    fond.jpg
    L'esprit vacant, les yeux remplis de ces algues vertes bouclées comme une chevelure sur le fond sablonneux, s'attardant sur les galets jaunes, se laissant hypnotiser par les perles d'eau dont son regard ne parvenait pas à se détacher.

    Elle s'imaginait vivant comme une sirène au fond des eaux dans ce royaume clair-obscur, vêtue d'algues et de reflets de soleil, parée de coquillages nacrés, habitant une grotte turquoise entourée de poissons argentés.

    nuit.jpgElle n'eut pas conscience de la fraîcheur vespérale et ne vit pas le soir enfouir le soleil dans sa poche.
    Puis tout à coup, elle sut qu'il faisait nuit, car le fond du lac assombri de velours noir fut tapissé de minuscules diamants: les étoiles se reflétaient dans les ondes et emplissaient ses yeux de scintillements.
    Pour ceux qui veillent les nuits blanches sont bleues, dans la pénombre illuminée du ciel.


    Les nuits blanches sont douces en ce moment où la nature exhale un air plus pur, où la fraîcheur prépare mystérieusement pour les fleurs la rosée de la prochaine aurore.
    Elle veilla encore, attendant que pâlisse le miroitement fascinant des étoiles... étoiles de ses nuits enchantées, astres de ses rêves désorientés...
    Soleil2.jpg

     Benissa août 2009


     
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  • Commentaires

    1
    Samedi 27 Mars 2010 à 07:45
    perfecta
    Que ces photos son belles et illustrent parfaitement ce texte...
    2
    Samedi 27 Mars 2010 à 09:15
    Sabine
    Quelle belle découverte que ce blog ! Merci vraiment à Perfecta et au printemps des cartes postales ! Des photos, des beaux textes, des infos sur pleins de sujets différents, des recettes de bonnes choses qui me rapellent la maison (mes grands parents sont pieds noirs), décidemment, je vais revenir souvent ici !
    A bientot !
    3
    Samedi 27 Mars 2010 à 13:32
    Elephant Gris
    superbe !
    4
    Mardi 30 Mars 2010 à 20:34
    dalinele

    je me crois arrivée dans le monde d'apsara... quand benissa rêve, on se prend au rêve.... à la méditation... mais toute une journée!

    5
    Dimanche 4 Avril 2010 à 20:28
    mediadisc

    Je suis subjugué par la beauté de ton texte! Une émotion mêlée de mélancolie et de charme sentimental! Félicitations!

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